Traduction française 1ère partie
Questions - Réponses du docteur Steven Shafer
Note : contrairement à ce qui se fait habituellement, le docteur Shafer a répondu à l'intégralité des questions envoyées, à savoir 86. Rien que ça.
Questions sur Michael
MJJC : Ecoutiez-vous des chansons de Michael, et si oui, quelle est votre favorite?
SS : J'ai grandi en écoutant la musique de MJ, comme tout le monde. Thriller est le seul album que je connais bien, et Beat it, est ma chanson préférée de l'album. J'aime la musique et le message qui y est associé.
MJJC : Quelle était votre opinion de MJ avant le procès?
SS : Je connaissais très peu de choses sur sa vie personnelle, en dehors des titres racoleurs. J'ai intentionnellement évité de lire quoi que ce soit avant le procès, pour que mon témoignage reste neutre. J'ai lu beaucoup depuis.
MJJC : Votre opinion d'MJ a-t-elle changée pendant et après le procès, de manière positive ou négative? Quelle est votre avis actuel sur lui?
SS : Durant le procès, je le voyais comme un patient, comme beaucoup d'autres dont je me suis occupé. Je n'avais aucune image mentale de MJ en tant qu'icône ou artiste célèbre. C'était un patient qui était décédé alors qu'il recevait des soins médicaux. Il était important de rester concentré sur son statut de patient.
Cela étant dit, j'étais conscient que ses rapports avec CM étaient tragiquement un effet secondaire de sa fortune. J'ai passé 20 ans à la faculté de Stanford, et plus récemment à l'université de Columbia. Les patients riches choisissent souvent des centres médicaux renommés. La plupart sont des gens très bien. Cependant, j'en rencontre parfois qui pensent que leur fortune leur donne le droit de me dire comment mettre en place un anesthésie. C'est à cela qu'ils sont habitués : donner des ordres et qu'on leur dise oui. Je pense que Michael Jackson était tombé dans ce piège : penser qu'il pouvait dire aux médecins quoi faire et s'attendre à ce qu'ils acquiescent. Cela n'excuse nullement le fiat que les médecins aient accepté. Mais la richesse et la célébrité peuvent être une malédiction.
Mon avis est que MJ était un musicien immensément talentueux, et un individu plein d'une compassion sincère. Mais il a été propulsé dans une célébrité (méritée) très jeune et a passé sa vie entière sous l'oeil du public. Cela ne me semble pas être une situation enviable. Il n'a jamais eu une vie normale.
MJJC : Pendant le procès, la défense et de nombreux médias ont traité MJ de "drogué". En vous basant sur vos connaissances et vos recherches sur ce cas, diriez-vous que c'est la réalité?
SS : L'"addiction" est un terme de profane, pas de médecin. Le terme médical correct est la dépendance aux substances. On peut y trouver une définition dans Wikipédia.
Je pense qu'MJ avait une dépendance aux sédatifs au moment de sa mort car il en recevait en intraveineuse toute les nuits. Cette sorte d'exposition régulière est presque certaine d'entraîner une dépendance.
MJJC : Pouvez-vous donner un opinion sur l'état des poumons de Michael? (bronchiolite, inflammation chronique, pneumonie chronique) Certains médecins de la télévision (Dr Drew) ont prétendu qu'il pourrait être dû à une utilisation prolongée du Propofol. Mais on sait que MJ a eu une pleurésie en 77, et aurait dit avoir "une ampoule sur le poumon" ces dernières années. Cet état pourrait-il être causé par le Propofol ou par le Lupus?
SS : Le Propofol est généralement employé en perfusion dans les unités de soins intensifs. Je ne connais pas d'effet direct du Propofol sur les poumons. Mais comme la trachée de Michael n'était pas protégée lorsqu'il en recevait, il a pu avoir inhalé régulièrement des petites quantités de salive ou avoir régurgité le contenu de son estomac pendant l'anesthésie. Cela peut endommager les poumons et causer une inflammation chronique.
Questions sur le docteur Shafer
MJJC : Le fait que votre père soit décédé au cours du procès a-t-il rendu plus difficile le fait de venir témoigner?
SS : J'ai parlé du décès de mon père avec quelques membres de MJJCommunity. Je ne vais pas rentrer dans les détails, si ce n'est que ce procès a été une chance inattendue : sans lui, j'aurais été dans le New Jersey. Mais j'ai pu être près de lui, et lui donner de l'amour, et de la morphine (j'espère simplement qu'un de mes enfants choisira une carrière dans l'anesthésie).
Pendant mon témoignage, j'ai senti la présence de mon père près de moi. Cela m'a donné de l'assurance, surtout pendant le contre-interrogatoire. Je sdavais que si mon père était avec moi, tout irait bien.
MJJC : Pendant votre témoignage, nous avons appris que vous avez bu du Propofol. L'avez-vous bu avant de faire l'étude scientifique? Qu'est-ce qui vous a poussé à le faire vous même?
SS : Je savais que la défense rejetterait les études sur les animaux car ne s'appliquant pas aux humains, comme Paul White l'a fait lorsqu'on lui a posé la question sur le propofol dans les urines. Il était impossible pour moi de conduire une étude sur les êtres humains en 3 mois aux EU, alors j'ai pensé que la meilleure preuve que je pouvais obtenir était de le boire moi-même et d'en noter les effets éventuels. Je connaissais suffisamment la pharmacologie pour être absolument certain qu'il n'y en aurait aucun.
Environ une semaine plus tard, mon collègue Pablo Sepulveda au Chili m'a annoncé qu'il serait en mesure de mettre en place un étude clinique sur des sujets humains. Cela a rendu le fait que je boive le propofol complètement inutile.
Cependant, rappelez vous que le propofol est unique. Ce n'est pas un e expérience à tenter avec d'autres produits. En fait, beaucoup d'anesthésiques seraient fatals s'ils étaient utilisés de cette manière. A ne pas essayer chez vous!
MJJC : Un commentaire sur le fait que M. Chernoff vous ait appelé "flic"?
SS : non, c'est son travail. Cela ne me dérange pas.
MJJC : Durant votre contre-interrogatoire, la défense a demandé : "êtes-vous conscient que tout ce que vous avez affirmé est simplement votre propre opinion"? Dans votre réponse, vous avez conclut que c'était une question intéressante - où votre "opinion personnelle" s'arrête-t-elle et où commence celle du "docteur Schafer"? Avez-vous trouvé une réponse à cette question? Est-il raisonnable ou même une bonne chose de diviser votre esprit entre le docteur et Steven Schafer? Est-ce même possible? Une opinion personnelle honnête pourrait-elle avoir la moindre "force"?
SS : J'ai beaucoup pensé à cette question par la suite. Je ne m'y attendais pas, probablement parce que j'ai peu d'expérience en tant que témoin. Ce n'était que ma deuxième fois.
M. Chernoff jouait sur mon esprit scientifique. Les scientifique répugnent à affirmer que quelque chose est un fait certain.Il y a des preuves, des conclusions, mais la science garde toujours un esprit ouvert. Il m'a demandé "votre témoignage n'était-il pas simplement votre opinion" pour que je lui réponde "oui", en me basant sur mon interprétation de "votre opinion" par référence à mon opinion scientifique. Cela aurait été contraire à l'utilisation du mot "opinion" comme simple spéculation non appuyée sur des données.
Il y avait deux aspects à mon témoignage : les standards de soin, et la pharmacologie du propofol.Il me faut discuter les faits contre mon opinion séparément pour les deux.
De nombreux aspects des "standards de soin" ont été codifiés par des institutions. Par exemple, la société américaine d'anesthésiologie a établi des lignes de conduite qui dicte de manière claire les standards de soin pendant une anesthésie. Mon témoignage était largement basé sur ces lignes de conduite. On pourrait dire que c'était juste mon "opinion" de présenter ces lignes de conduite comme un fait. Cependant, c'est une fait qu'ils ont publié ces lignes de conduite, que qu'elles étaient la base de mon "opinion".
Certains aspects des standards de soin ne sont pas couverts par ces lignes de conduite parce qu'elles sont évidentes. Je pense qu'un médecin ne devrait pas mentir. Je pense que la représentation erronée de CM des drogues qu'il donnait à MJ est une violation impensable des standards de soin. Est-ce mon opinion? Oui. Mais je pense que chaque personne dans le monde partage l'avis qu'un médecin ne devrait pas mentir. De même, c'est mon avis que les médecins doivent faire passer l'intérêt de leur patient avant le leur. C'est mon "opinion". Mais, une fois de plus, je pense que c'est un avis universellement partagé. Peut-il pour autant être rejeté comme "simple opinion"?
En ce qui concerne le côté scientifique de mon témoignage, mon "opinion" est celle d'un expert dans ce domaine. Les simulations que j'ai présenté étaient des représentations mathématiquement justes de la pharmacokynésie. Si on exclut une erreur mathématique de ma part, les simulations montrent exactement les concentrations sanguines et l'effet du propofol prédit par des modèles pharmacokynésiques pour des doses précises. Le travail de l'"expert" est de décider quelles doese doivent être étudiées, et si ce sont des scénarii plausibles. J'ai fait beaucoup de simulations, et j'ai partagé mes feuilles de calcul avec la défense pour qu'ils puissent faire leurs propres simulations. J'en ai choisi certaines par rapport à d'autres en me basant sur les données. C'est une "opinion d'expert". Mais, il est plus scientifiquement précis de dire "conclusion, basée sur des données" qu'"opinion", car cette dernière sous-entend une spéculation profane.
MJJC : Cela vous a-t-il amusé comme beaucoup quand le dcoteur White a été appelé docteur Shafer plusieurs fois, par l'accusation, la défense et même par le juge?
SS : Oui. Je pense que tout le monde a été amusé.
MJJC : Avez-vous rencontré des membres de la famille Jackson avant, pendant, ou après le procès? Vous ont-ils posé des questions médicales?
SS : Je leur ai parlé brièvement plusieurs fois à l'entrée ou la sorite de la salle de d'audience. Ils ont été très gentils, et m'ont présenté leurs condoléances à la mort de mon père. Nous avons tous perdu quelqu'un, alors je leur ai aussi présenté les miennes. J'ai apprécié leur gentillesse.
MJJC : Votre vie a-t-elle changée après le procès? Si oui, est-ce de manière positive ou négative?
SS : J'ai beaucoup appris pendant ce procès :
- sur la pharmacologie du Lorazépam et du propofol (j'ai lu énormément pour m'informer et pour faire face aux affirmations de la défense)
- sur le fonctionnement du système judiciaire criminel. J'ai été très impressionné par ce que j'ai vu. En particulier, le bureau du procureur, très honnête et transparent. Ce n'était pas un "jeu". C'était une tentative pour déterminer la vérité.
- Les différentes approches pour discerner la vérité. En science, la "vérité" est déterminée par l'expérimentation, l'observation, l'opinion des collègues, et la nature même de la science qui questionne sans fin. En science, c'est celui qui fait l'affirmation qui doit la prouver. Dans la loi criminelle, la "vérité" est déterminée par un jury qui arrive en ne sachant quasiment rien, tout le contraire des collègues qui lisent vos articles. Dans le système criminel, c'est l'accusation qui doit tout prouver. La défense peut soutenir n'importe quoi sans preuve. J'ai appris que les deux systèmes fonctionnent.
J'ai eu des retours très positifs de mes collègues. Cela ne m'a pas changé, mais c'est agréable.
J'ai reçu des lettres très gentilles de la communauté des fans de MJ. Je ne m'y attendais pas, mais je les ai appréciées.
MJJC : Que pensez-vous de l'amour et la gratitude des fans à votre égard? Savez-vous que certains les ont publiquement exprimées, ont utilisé vos photos et citations pour s'exprimer? Qu'en pensez-vous?
SS : Je ne m'y attendais pas! Mais je comprends très bien que ne pas savoir ce qui est arrivé à Michael Jackson est la source d'une douleur considérable pour des mlillions de fans. Si mon témoignage a pu aider, peut être à faire le deuil de sa mort pour qu'ils puissent à nouveau se concentrer sur sa musique et son message, alors je suis honoré d'en avoir eu l'opportunité.
J'ai essayé de répondre à beaucoup d'emails que j'ai reçu. J'ai apprécié les gentils commentaires que m'ont envoyé ses fans à travers le monde.
MJJC : Maintenant que le procès est terminé, que va faire le docteur Shafer? Pratique de la médecine? Enseignement? Information et soutien aux patients?
SS : Tout ça.
Je n'ai pas regardé les 2 premiers jours du témoignage de Paul White parce que j'étais de retour dans les salles d'opération de Columbia. J'aime l'anesthésie clinique. J'adore prendre soin des patients. Nouw avons tous besoin de définir qui nous sommes. Dans mon cas, c'est simple : je suis un médecin, je prends soin des patients. Si j'arrêtais de prendre soin de patients, je ne saurais plus qui je suis. C'est ce que je fais.
Ceci dit, mon travail en tant qu'éditeur en chef d'Anesthésie et Analgésie me prend environ 60 heures par semaine. Je l'utilise comme plate-forme pour. défendre l'information aux patients, les soins, et la sécurité. J'y écris peu moi-même. Le journal met en avant les soins au patient à travers des politiques éditoriales ancrées dans le principe de faire ce qui est le mieux pour les patients.
Je continue mes recherches, essentiellement établir des modèles sur la réaction des produits utilisés en anesthésie. Une bonne partie du travail se fait en collaboration avec ma femme, Pamela Flood, qui est chef du département d'anesthésie obstétrique de UCSF.
Je participe activement à l'élaboration de nouveaux produits pour améliorer des anesthésie sûres et le traitement de la douleur. En 2003 j'ai co-fondé une companie de biotechnologie pour développer ces produits. Notre travail avance bien et cela demande aussi beaucoup de mon temps.
MJJC : Quelle a été la réaction de la communauté médicale après votre témoignage?
SS : Elle a été unanimement positive. Le fait que je représente les valeurs chères aux praticiens a été très apprécié, de même que les explications médicales et scientifiques impliquées. Mon témoignage n'a pas été motivé par une recherche de reconnaissance ou d'attention, et cela m'a mis un peu mal à l'aise. Mais l'approbation de mon témoignage par mes collègues m'a confirmé que j'avais fait ce qu'il fallait.
MJJC : Les medias vous ont-ils demandé des interviews? Si oui, pourquoi ne vous a-t-on pas vu à la télévision?
SS : On m'en a demandé, mais je ne crois pas qu'elles ont été diffusées. Je crois qu'ils n'ont pas aimé mes réponses. On m'a demandé qu'elle sentence devait recevoir CM. J'ai répondu que je n'avais pas les compétences pour répondre à ça. J'ai dit que ce sont les légistes qui doivent décider des condamnations appropriées pour des comportements criminels, et les juges décident ensuite des sentences en se basant sur ce que dicte la loi. J'ai dit que c'était une question pour le juge Pastor, qui lui EST un expert. Je ne crois pas qu'ils ont aimé cette réponse. Je pense qu'ils espéraient surement quelque chose de plus vengeur de ma part.
On m'a demandé ce que je pensais de mon rôle dans la condamnation de CM. J'ai répondu que je ne pensais pas avoir un très grand rôle. CM a donné du propofol à MJ dans une chambre, sans formation, sans monitoring, sans aide, sans rendre de compte, l'a abandonné pour aller téléphoner, et a ensuite menti sur ses faits et gestes. Sa culpabilité était évidente quand les faits ont été connus en 09, et elle était tout aussi évidente après mon témoignage.
MJJC : Une des parties les plus choquantes du témoignage du dr White a été quand il a avoué ne pas avoir lu entièrement la documentation scientifique sur le propofol. Il a également avoué qu'il n'avait pas lu complètement les articles utilisés pour établir les simulations à la base de son témloignage. En tant que scientifique, je trouve que c'est un comportement extrêmement irresponsable. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez préparé votre témoignage?
SS : J'ai passé des dizaines, voire des centaines d'heures de préparation. J'ai lu plus d'une centaine d'articles. J'ai analysé les données de manières différentes, et ai communiqué mes feuilles de calcul à la défense. J'ai fait le plus gros du travail, ce qui est ce qu'on attend d'un expert. Mais ce n'st pas spécifique à ce cas - c'est comme cela que je fonctionne dans tout ce que je fais.
MJJC : Le juge Pastor a mis en évidence l'enregistrement d'MJ qu'a fait CM, comme la pièce à conviction qui l'a le plus marqué pendant le procès. Y a-t-il une chose qui vous ait marquée dans tout ce que vous avez vu?
SS : Oui, la constance du comportement de CM. Lors de l'audience du verdict, le juge Pastor a souligné en détail son mode de comportement : mensonges à répétition, actions égocentriques, et une négligence dangereuse pour le bien être du patient. C'est aussi ce que j'ai constaté.
MJJC : Coment avez-vous choisi votre carrière? Par quoi avez-vous commencé?
SS : Beaucoup de praticiens choisissent leur profession très tôt. Dès l'âge de 9 je savais que je voulais être médecin. on inspiration a été mon pédiatre. Il avait l'air de tout savoir, et j'étais impressionné par l'étendue de son savoir. En plus, tous les ans, il passait plusieurs mois sur le "Bateau de l'Espoir", à soigner des gens dans les pays du Tiers Monde. J'admirais profondément son sens du dévouement aux autres. Il a été mon modèle.
MJJC : Vos parents sont-ils dans le monde de la médecine?
SS : Je suis le premier médecin de ma famille. Mon père était conseiller en gestion et ma mère femme au foyer. Ils étaient fiers d'avoir un fils qui avait fait médecine. Je suis devenu celui vers qui on se tournait pour toutes les questions médicales.
MJJC : Votre père savait-il que vous alliez témoigner dans le procès de CM? Qu'en pensait-il?
SS : Oui. Il aimait beaucoup ça. Il m'a dit que cela le rendait fier. Il savait aussi que je venait le voir tous les jouirs parce que j'étais à L.A pour le procès.
Il a regardé mon témoignage le jeudi matin, et il s'est éteint le jeudi soir.
Questions sur le procès en général
MJJC : Que pensez-vous du procureur Walgren?
SS : Il est brilliant, sérieux dans son travail, et absolument honnête. Il travaille incroyablement dur. Je crois qu'il a dormi 4 heures par nuit pendant le procès.
Une partie de mon travail consitait à lui transmettre les informations scientifiques. Au moment où le procès à commencé, il corrigeait certaines de mes erreurs de calculs! Il a été tellement efficace face aux opinions des experts en partie parce qu'il comprenait réellement les principes scientifiques.
En tant que contribuable, je trouve incroyable que des avocats comme M. Walgren travaille pour l'état de Californie pour un salaire de fonctionnaire. Nous en avons vraiment pour notre argent!
MJJC : Avez-vous vu l'audience de la sentence? Un commentaire?
SS : Oui, je l'ai regardée en direct. J'ai sourit quand le juge Pastor a utilisé des mots et des idées de mon témoignage. De plus, ayant lu tous les documents plusieurs fois, il était évident pour moi que CM avait menti de manière répétée. Mais cela n'avait rien à faire dans mon témoignage, alors je ne l'ai pas mentionné. J'ai apprécié le fait que le juge, qui est plus apte que moi à juger de la véracité de ses propos, présenter la série des mensonges égoïstes de CM.
MJJC : Pensez-vous que CM ait fait une erreur fatale, ou est-ce plus que ça?
SS : L'erreur fatale était de dire oui à la demande d'MJ pour qu'on lui administre du propofol. Cela a été suivi d'innombrable erreurs, mais tout a commencé par la mauvaise décision initiale.
MJJC : Pensez-vous que l'accusation d'homicide était appropriée ou qu'il aurait du être accusé de meurtre au second degré?
SS : Je ne suis pas qualifié pour émettre un jugement là-dessus, et je suis content qu'on ne m'ait pas posé la question pendant mon témoignage. Je suis content que CM ait été reconnu coupable. C'était important : les médecins doivent répondre de leurs actions. Nous ne sommes pas au-dessus des lois.
Je n'ai donné qu'une interview après le procès, parce que je devais donner un cours juste après. On m'a demandé ce que je pensais du fait que la peine la plus lourde serait 4 ans de prison. J'ai répondu que je n'étais pas qualifié pour donner une opinion. Je pense qu'ils voualient une réponse plus assoiffée de sang, car ils n'ont jamais publiée l'entretien.
MJJC : A votre avis, quelle sorte de punition serait appropriée?
SS : En mettant l'accent sur le fait que ce n'est que mon avis personnel de profane, je pense qu'il devrait perdre son autorisation de pratiquer la médecine, ne jamais pouvoir la récupérer, et devoir rendre des comptes à la famille Jackson. Mais souvenez vous que le droit criminel ne fait pas partie des choses que je connais.
MJJC : Dans son discours final, Chernoff, a déclaré une fois de plus que "ce n'est pas le manque de dossier médical qui a tué MJ". Pensez-vous qu'il s'agisse d'une déclaration particulièrement irresponsable - surtout au regard de vos explications détaillées concerant la pharmacokynésie et la pharmacodynamique?
SS : L'affirmation de M. Chernoff est fausse. Le manque de dossier médical a contribué à la mort de MJ. Sans ce dossier, CM ne pouvait pas remarquer de tendance, comme voir si des doses plus importantes étaient nécessaires chaque jour. Sans dossier, CM ne pouvait pas revoir les doses précédentes, et déterminer ce qui était sans danger ou non.
Le fait d'établir un dossier oblige à la vigilance. Si vous notez les signes vitaux toutes les 5 mn, cela vous oblige à garder un oeil sur le patient. Cela aurait forcé CM à rester près d'MJ et à noter continuellement les signes vitaux (au moins il avait l'oxymètre et pouvait voir le rythme cardiaque et la respiration). Cela aurait obligé CM à monitorer la vitesse de l'intraveineuse. Le fait d'avoir un dossier aurait pu garder MJ vivant. Donc, la déclaration de M. Chernoff est fausse.
MJJC : Beaucoup d'hyperbole ont été faites sur les tubes de l'intraveineuse, correspondant ou non. Pourriez-vous expliquer une fois de plus en détail (sans interruption de la défense) pourquoi cela n'a pas pesé sur vos déclarations?
SS : Au départ je pensais que les tubes achetés par CM en grande quantité auprès de Sea Coast Medical était non ventilés, parce que je ne voyais pas l'ouverture sur la photo du légiste, et aucune ouverture n'est mentionnée dans la description de Sea Coastal, et je n'a pas pu leur en acheter moi même. En fait, il s'agissait d'un tube ventilé, ce que je n'ai réalisé que lorsque j'ai pu l'examiner directement pendant le procès.
Mais le fait qu'il y ait eu une ventilation sur le petit ensemble de perfusion montre juste qu'il était encore plus facile à CM de la mettre en place, et de dissimuler les tubes le jour de la mort de Michael.
Mais cela ramène encore à l'ensemble de la situation : CM donnait à MJ un anesthésique dans sa chambre, sans la formation basique, sans le monitoring nécessaire de base, et sans aucune aide. C'est pour cela que MJ est mort. Aucun de ces détails ne change le fond du problème.
Deuxième partie : 21/12
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